Empreintes Traumatiques
Dans cette peinture, le corps cesse d’être un simple support visuel pour devenir archive vivante des vécus : chaque forme, texture et contour inscrit une mémoire sensorielle dans la matière picturale. Les émotions, autrement imperceptibles, se manifestent ici comme des marques profondes sur la chair, révélant les strates invisibles de l’expérience humaine. Ce geste pictural transforme l’œuvre en un sismographe intime, où les secousses des émotions inconscientes viennent fissurer la surface apparente pour révéler ce qui résiste ordinairement à toute représentation.
Le corps féminin n’est pas simplement représenté : il est reconnu comme dépositaire de l’âme et de l’héritage collectif. Il figure ici un continuum culturel et affectif ; une lignée qui traverse les générations, révélant à la fois l’individuel et l’universel. Cette mémoire est incarnée non seulement comme contenu narratif, mais comme structure même de la surface peinte, où couleurs, gestes et textures coexistent pour évoquer cette transmission vivante.
L’œuvre fonctionne à plusieurs niveaux :
Sur le plan formel, la matière picturale devient métaphore, et le choix des contours, de la couleur ou du blanc de la toile ne relève pas d’une simple esthétique mais d’un questionnement sur la présence et l’absence, sur la trace et l’oubli.
Sur le plan conceptuel, elle s’inscrit dans une démarche contemporaine qui revendique l’idée que l’art est un outil de pensée : il ne se contente pas de représenter, il engage le spectateur à lire, sentir et prolonger la réflexion initiée par l’artiste.
Symboliquement, la peinture propose un pont entre les expériences individuelles du corps et un héritage collectif, invitant le regardeur à percevoir l’œuvre à la fois comme une célébration et comme une méditation sur la force des femmes et la puissance de la transmission.
Cette peinture invite à être ressentie autant qu’observée. Elle propose une réflexion sur le corps féminin comme lieu de mémoire, de sens et de transmission culturelle.
EN_ Embodied trauma
In this painting, the body is no longer conceived as a mere surface, but as a living archive of experience. Emotion leaves its imprint on the flesh, transforming the painted body into a site of memory where inner tensions, unconscious impulses, and intimate tremors become visible. The pictorial gesture functions as a seismograph of the self, registering what escapes control and language.
The female body is approached as inseparable from both soul and lineage. It embodies a continuity that exceeds individuality, carrying a sensorial and spiritual inheritance rooted in ancestral memory. This heritage is not narrated; it is embedded in the materiality of the work itself — through gesture, texture, and chromatic resonance.
Rather than representing the body, the painting activates it as a space of transmission. It becomes a place where personal experience intersects with collective history, where intimacy meets genealogy. Painting thus emerges as an act of recognition: a way of honoring the women who came before, and of allowing their strength to reverberate within the present.
This painting invites both emotional and visual engagement. It reflects on the body as a site of memory, meaning, and cultural transmission.






